Koz tente un parallèle bref mais audacieux, entre Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy. Non, le lien entre les deux n'est pas que le second pourrait être l'amant du premier (ou vice-versa), que vous êtes taquin ! Non, pour Koz, les deux se sont mis dans une situation où ils s'exposaient au soupçon. De profiter du nom de sa famille pour l'un, de complaisance envers un acte pédophile du fait de ses mœurs pour l'autre (je vous laisse à titre d'exercice retrouvé qui est soupçonné de quoi, attention, on pourrait croire qu'il y a un piège).

Koz le dit lui même : un politique n'écartera jamais tout soupçon. Mais il lui appartient de ne pas lui donner prise. Ne pas donner prise… Revenons au cas Mitterrand, si j'ai trouvé sa défense de Polanski contestable, j'ai trouvé honteux le procès fomenté sur des écrits sortis de leur contexte et instrumentalisés. L'action était contestable, les arguments pour demander la démission aussi. Frédéric Mitterrand est donc resté et c'est tant mieux. Même si ses choix (notamment pour la défense de l'industrie culturelle) peuvent être discutés, sa connaissance de la culture lui donne un crédit qui a même pu servir à justifier son soutien à Polanski. Faire le raccourci entre le tourisme sexuel et la pédophilie est indigne de tous ceux qui ont utilisé cet argument (et j'avoue ma déception devant le nombre de personnalité de gauche ayant relayé ce discours).

Regardons ce que l'on reproche à Jean Sarkozy maintenant. Ne parlons pas de la légitimité (au sens premier, celui du respect du droit) : la nomination de Sarkozy fils à la présidence de l'EPAD est tout à fait légale, et (heureusement) il n'a pas fallu légiférer en urgence pour le permettre. On pourrait disserter sur le confort assuré au jeune Jean lors de ce scrutin, mais évitons les polémiques inutiles.

Le choix de Jean Sarkozy est-il pour autant souhaitable pour la société ? Est-ce le meilleur choix si l'on évalue les qualités des différentes personnes pouvant être nommé à ce poste ? N'y a-t-il personne qui pourrait être intéressé par cette fonction et qui maitriserait mieux les dossiers qu'un jeune élu, qui n'a aucun diplôme et qui devrait plutôt songé à son avenir professionnel ? Ici, les critiques sont celles des compétences et de l'expérience. On peut regarder les faits sans connaitre le nom de l'intéressé, sans connnaître sa vie privée et douter.

Frédéric Mitterrand pouvait de bonne foi penser qu'il serait juger en tant qu'homme politique, sans que l'on juge ses actions en tant que ministre en fonction de son comportement privé. Peut être également que Jean Sarkozy a pensé que cela ne choquerait personne qu'un jeune de 23 ans, étudiant et entourés de politiques chevronnés soit désigné pour prendre la présidence d'un organisme important. Si c'est le cas, il est d'une naïveté qui font qu'il ne mérite clairement pas cette présidence. Dans le cas contraire, il est étonnant qu'il ne mesure pas que sa candidature n'est pas la meilleure pour ce poste.