Bon, il faut se rendre à l'évidence, un jour, une version de HADOPI ne sera pas rejetée par le conseil constitutionnel. Il faut les comprendre aussi. Ils sont pas tout jeune au conseil constitutionnel, leurs petits yeux fatigués souffrent à la lecture de cet amas de connerie, un jour, ils vont craquer.

Que va-t-il advenir de nous ce jour là ? Je sais que tu en trembles d'avance, ami lecteur et pirate en herbe qui ne filtre pas paquet par paquet les trames qui sortent de ta boiboite internet. Comme me le disait l'autre soir Paco Rabanne, il est quand même beaucoup plus simple de prévoir le futur d'une loi et de ce que les politiques en diront que de prévoir l'avenir de la station Mir. C'est pourquoi, ami lecteur, je te propose en avant première les suites de la loi HADOPI. Il s'agit d'un bootleg que obtenu lors d'une repérsentation devant un oracle, pas sûr donc que tout cela soit très légal, mais je les partage pour que nous puissions ensemble profiter de nos derniers instants de liberté :

  • Pour passer le conseil constitutionnel, les députés ont abusé de permission dans la coupure d'accès initialement prévu. Il apparait à la lecture du texte que globalement, l'internaute pénalisé pourra utiliser sa ligne comme avant, sauf qu'elle sera coupée. Ça semble con dit comme ça mais en fait dit autrement, ça le serait tout autant, il y a des vérités immuables.
  • Les FAI s'arrachent les cheveux pour savoir comment autorisés un accès partiel mais presque complet quoique restreint. Ils plantent des aiguilles dans des poupées vaudous à l'effigie Frédéric Mitterrand.
  • Les premiers courriels de menaces arrivent. Les FAI doivent faire face à de nombreuses demandes d'abonnés qui, pris de panique, ont sectionné le cable d'accès à internet avant de se demander s'il n'y avait pas une sécurisation moins radicale.
  • Je reçois mon premier mail d'avertissement. GMail le classe directement en SPAM, je ne me rends compte de rien.
  • Je reçois un 2e mail d'avertissement. Cette fois je le remarque, uniquement parce que la publicité pour l'extenseur de pénis située juste au dessus a retenu mon attention. Le soir même, je télécharge l'intégrale de Dalida, c'est vraiment par esprit de provocation (et pour faire chier Orlando).
  • Mon facteur me propose un recommandé que je refuse. Il est un peu gêné.
  • Je finis par aller chercher mon recommandé à la poste, c'est que j'ai participé dernièrement à la grande loterie, après avoir vu la pub télé avec Philippe Risoli, et je me dis que si ça se trouve, le recommandé m'annonce que j'ai gagné.
  • Fausse joie, c'était HADOPI. Ils me préviennent que des téléchargement qui sembleraient illégaux ont été effectués à plusieurs reprises depuis ma ligne. Je regarde mon chien d'un regard accusateur. Il va dans son panier la queue entre les jambes. Les Border Collies sont trop intelligents... et le copyright de 30 millions d'ami trop restrictif.
  • Je dois passer au tribunal dans 17 mois et 14 jours. Je stresse, on doit mettre quoi pour aller au tribunal ?
  • 17 mois et 14 jours plus tard, le juge a la grippe A, audience reportée.
  • Je passe finalement 3 semaines plus tard. Le juge me condamne a une suspension d'accès de 3 mois, je dois toutefois toujours avoir accès aux sites gouvernementaux, à mon mail et aux sites d'information (sauf ceux de France télévision, pour éviter les tentations).
  • Je continue de surfer comme tous les jours, faute de solution technique efficace.
  • En lisant LeFigaro.fr, j'apprends de la plume de Frédéric Mitterrand qu'HADOPI ets un succès : de nombreuses personnes comprennent, grâce au dispositif pédagogique, qu'Internet n'est plus une zone de non droit. Les fauteurs ne se plaignent pas de eur sanction, ce qui prouve qu'ils comprennent que ce qu'ils ont fait est mal.
  • Les lobbys de l'industrie audiovisuels attendent fébrilement la mise en place d'une licence globale, les ventes n'ayant pas repris depuis la mise ne place d'HADOPI. Grâce à cette nouvelle disposition, ils pourront soutenir le gouvernement en affirmant que le dispositif est un succès qui va permettre de sauver la création. Avec un peu de chance, le dispositif sera même ne place avant la sortie de "Les Chtis 2, ils reviendent".

Comme citoyen et comme ministre de la Culture et de la Communication, je ne veux pas qu'on traîne dans le caniveau des pirates 'l'atmosphère, atmosphère' d'Arletty, le 'c'est dégueulasse' de Jean Seberg dans A bout de souffle, la biscotte de Michel Serreau dans La cage aux folles.

Frédéric Mitterrand

N'ayez crainte monsieur Mitterrand, vous leur évitez le caniveau des pirates, vous les élevez même au niveau de Kafka.