L'avis de Nicolas B.

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mardi 12 janvier 2010

Privation de liberté

Le parlement à voté aujourd'hui l'amendement "serre-tête". Cet amendement, porté par le député Jean Sarkozy, vise à obliger les femmes aux cheveux longs à les attacher dans les lieux publics. Cet amendement vise à interdire cette pratique de plus en plus répandue des femmes musulmanes de France qui consiste à utiliser leurs cheveux pour se cacher le visage. Cette proposition, dénoncée par l'opposition verte, est vue comme une réponse aux discours offensifs du chef de l’État sur le sujet.

L'amendement complète donc la loi SAVIEN (savoir vivre ensemble), qui encadre les comportements gênants dans les lieux publics. Prohibant pour des raisons d'hygiènes et de santé publique la mastication de chewing-gum dans les transports en commun et interdiant tout couvre-chef dans les villes de plus de 20.000 habitants pour des raisons de sécurité.

Jean-François Coppé interrogé sur le sujet en marge du G20, s'est déclaré content que l'initiative gouvernementale soit soutenue par le parlement, signalant que tout initiative visant à améliorer les conditions de vie de la communauté devait être accueillie avec enthousiasme.

Dépêche AFP fictive du 12 janvier 2020.

Ce petit bout de politique fiction pour dire toute la gêne qui est la mienne face à la loi sur "le voile intégral". Bien sûr je préfère voir les gens que de les deviner derrière le tissus mais est-ce que cela atteint ma liberté ? Non. Je ne suis pas moins libre parce que ces femmes ne se montrent pas.

Oui, il s'agit d'un signe d'avilissement vis-à-vis de la religion ou de leur communauté. Oui, cela me dérange mais dois-je pour autant espérer que cela soit interdit ? J'ai vu il y a quelques temps un moine porter des sandales en hiver, est-ce moins ou plus choquant ? Est-ce qu'elles seront plus libres sans ce voile ? Si non, comme je le pense, ne doit-on pas réfléchir à attaquer le problème sous un autre angle ?

Une femme musulmane voilée intégralement qui se promène ne ville est-elle moins libre qu'une femme sans religion, vivant à la campagne sans emploi ni moyen de locomotion, dépendante de son mari et condamnée à élever ses enfants ?

Où fixe-t-on les limites des domaines où l'on doit légiférer quand on commence à interdire des comportements non dangereux, qui n'altèrent pas les libertés des autres et qui ne portent pas atteintes à l'ordre public ?

jeudi 3 décembre 2009

Se tromper de débat

Bon depuis le temps que je vomis tranquillement dans mon coin quand on parle du débat sur l'identité nationale, il fallait que j'en fasse partager mes lecteurs.

Ainsi donc, il n'y a pas de honte à parler de l'identité nationale, il ne sera pas fait d'amalgame avec l'immigration. Non, on définit donc ce qui fait notre identité, pour nous, les français, et pour expliquer aux autres ce que c'est d'être français. Il n'est en aucun cas question de devenir français, non non, c'est aussi bien pour ceux qui le sont que pour ceux qui veulent le devenir. Ben voyons mon con.

Que ressortira-t-il de ce débat ? Ce qui fait notre unité nationale, des trucs chouette hein, évidemment. La culture, les valeurs républicaines, l'humanisme, Johnny Halliday, la tête de veau (pléonasme). À ce rythme là, on risque de se coller un gros paquets d'apatrides après le bilan, parce que j'en connais beaucoup qui ne respectent pas leur identité nationale si on la définit comme ça. Il semblerait que dans ce cas là, ça soit trop tard, qu'on aurait pas vraiment les moyens de leur faire un pays rien qu'à eux pour les dégager à coup de fourches et donc, ils resteraient français.

Pour leurs enfants, pareil, pas trop le choix, on va pas les expatriés. À la rigueur on pourra détecter dès le plus jeune âge ceux qui risquent de pas respecter l'identité nationale, mais pas plus.

Non là où c'est vraiment cool l'identité nationale, c'est pour ceux qui veulent devenir français. Ah pour ceux là, on peut se lâcher. Est-ce que t'as lu la princesse de Clèves ? Et est ce que tu peux chanter la marseillaise sur un pied ? Et est-ce que tu serais pas un peu trop auvergnat ? Un non, pas de naturalisation. Quoi ? Un rapport avec l'immigration ? Bah non, les immigrés pourront toujours rester étrangers.

Au moins, ceux qui deviendront français nous tirerons par le haut. Reste à savoir s'ils auront encore envie de demander leur nationalité. En attendant, si quelqu'un pensait y coller l'hospitalité, dans notre identité nationale, il peut plutôt se la coller ailleurs, elle n'a pas sa place dans le débat.

mercredi 11 novembre 2009

La grandeur de nos amis

On reconnaît ses amis à ce qu'ils acceptent de faire pour vous. Aujourd'hui, l'Allemagne est décidément la grande amie de la France. Accepter de célébrer l'amitié un jour de défaite, il faut une certaine grandeur pour le faire, bien plus que pour proposer une célébration un jour de victoire. Quelle belle date, le 11 novembre, un temps qui invite à la fête, le début de la fin d'une guerre qui sera rondement mené. Car le 11 novembre, c'est tout de même le début de ce qui nous mènera au traité de Versailles, qui fera reposer tout le poids de la paix sur les épaules sur l'Allemagne, ce qui contribuera sans aucun doute à créer un terrain propice au développement de l'extrémisme. Tout cela, les allemands nous l'ont pardonné en acceptant de venir fêter avec nous cette défaite, qui était également la défaite d'un monde occidental incapable de faire la paix sans humilier le peuple perdant.

Pour tout cela, je remercie nos amis allemands. J'avoue avoir un peu honte à mon identité nationale quand j'explique à mes collègues allemand que nous avons choisi cette date, je devrais peut être aller le dire en préfecture.

mercredi 29 juillet 2009

prescience et HADOPI

Bon, il faut se rendre à l'évidence, un jour, une version de HADOPI ne sera pas rejetée par le conseil constitutionnel. Il faut les comprendre aussi. Ils sont pas tout jeune au conseil constitutionnel, leurs petits yeux fatigués souffrent à la lecture de cet amas de connerie, un jour, ils vont craquer.

Que va-t-il advenir de nous ce jour là ? Je sais que tu en trembles d'avance, ami lecteur et pirate en herbe qui ne filtre pas paquet par paquet les trames qui sortent de ta boiboite internet. Comme me le disait l'autre soir Paco Rabanne, il est quand même beaucoup plus simple de prévoir le futur d'une loi et de ce que les politiques en diront que de prévoir l'avenir de la station Mir. C'est pourquoi, ami lecteur, je te propose en avant première les suites de la loi HADOPI. Il s'agit d'un bootleg que obtenu lors d'une repérsentation devant un oracle, pas sûr donc que tout cela soit très légal, mais je les partage pour que nous puissions ensemble profiter de nos derniers instants de liberté :

  • Pour passer le conseil constitutionnel, les députés ont abusé de permission dans la coupure d'accès initialement prévu. Il apparait à la lecture du texte que globalement, l'internaute pénalisé pourra utiliser sa ligne comme avant, sauf qu'elle sera coupée. Ça semble con dit comme ça mais en fait dit autrement, ça le serait tout autant, il y a des vérités immuables.
  • Les FAI s'arrachent les cheveux pour savoir comment autorisés un accès partiel mais presque complet quoique restreint. Ils plantent des aiguilles dans des poupées vaudous à l'effigie Frédéric Mitterrand.
  • Les premiers courriels de menaces arrivent. Les FAI doivent faire face à de nombreuses demandes d'abonnés qui, pris de panique, ont sectionné le cable d'accès à internet avant de se demander s'il n'y avait pas une sécurisation moins radicale.
  • Je reçois mon premier mail d'avertissement. GMail le classe directement en SPAM, je ne me rends compte de rien.
  • Je reçois un 2e mail d'avertissement. Cette fois je le remarque, uniquement parce que la publicité pour l'extenseur de pénis située juste au dessus a retenu mon attention. Le soir même, je télécharge l'intégrale de Dalida, c'est vraiment par esprit de provocation (et pour faire chier Orlando).
  • Mon facteur me propose un recommandé que je refuse. Il est un peu gêné.
  • Je finis par aller chercher mon recommandé à la poste, c'est que j'ai participé dernièrement à la grande loterie, après avoir vu la pub télé avec Philippe Risoli, et je me dis que si ça se trouve, le recommandé m'annonce que j'ai gagné.
  • Fausse joie, c'était HADOPI. Ils me préviennent que des téléchargement qui sembleraient illégaux ont été effectués à plusieurs reprises depuis ma ligne. Je regarde mon chien d'un regard accusateur. Il va dans son panier la queue entre les jambes. Les Border Collies sont trop intelligents... et le copyright de 30 millions d'ami trop restrictif.
  • Je dois passer au tribunal dans 17 mois et 14 jours. Je stresse, on doit mettre quoi pour aller au tribunal ?
  • 17 mois et 14 jours plus tard, le juge a la grippe A, audience reportée.
  • Je passe finalement 3 semaines plus tard. Le juge me condamne a une suspension d'accès de 3 mois, je dois toutefois toujours avoir accès aux sites gouvernementaux, à mon mail et aux sites d'information (sauf ceux de France télévision, pour éviter les tentations).
  • Je continue de surfer comme tous les jours, faute de solution technique efficace.
  • En lisant LeFigaro.fr, j'apprends de la plume de Frédéric Mitterrand qu'HADOPI ets un succès : de nombreuses personnes comprennent, grâce au dispositif pédagogique, qu'Internet n'est plus une zone de non droit. Les fauteurs ne se plaignent pas de eur sanction, ce qui prouve qu'ils comprennent que ce qu'ils ont fait est mal.
  • Les lobbys de l'industrie audiovisuels attendent fébrilement la mise en place d'une licence globale, les ventes n'ayant pas repris depuis la mise ne place d'HADOPI. Grâce à cette nouvelle disposition, ils pourront soutenir le gouvernement en affirmant que le dispositif est un succès qui va permettre de sauver la création. Avec un peu de chance, le dispositif sera même ne place avant la sortie de "Les Chtis 2, ils reviendent".

Comme citoyen et comme ministre de la Culture et de la Communication, je ne veux pas qu'on traîne dans le caniveau des pirates 'l'atmosphère, atmosphère' d'Arletty, le 'c'est dégueulasse' de Jean Seberg dans A bout de souffle, la biscotte de Michel Serreau dans La cage aux folles.

Frédéric Mitterrand

N'ayez crainte monsieur Mitterrand, vous leur évitez le caniveau des pirates, vous les élevez même au niveau de Kafka.

vendredi 3 juillet 2009

Liste noire

Nicolas Sarkozy, Dominique Bussereau et la démagogie sont fiers de vous annoncés la naissance de la liste noire mondiale, fruit d'une catastrophe qui, à défaut d'être respectée, permettra une nouvelle fois de se foutre de la gueule du monde. Ainsi les deux ont de concert (malgré un léger canon) bravé devancés d'éventuelle analyses pour proposer une liste noire mondiale. Une vache de bonne idée, je propose qu'on aille plus loin en empêchant les vols qui vont se crasher de voler, quitte à faire de la démago de bas étage, autant se lacher.

Démago ? Oui, car la compagnie Yemenia n'était même pas foutue d'être sur une ligne noire européenne (la communauté comorienne étaient assez énervé à cause de cela). Du coup on se cache en disant que c'est parce que les autres sont moins sérieux que nous, en oubliant que l'on avait pris aucune précautions. Démago également car on se moque même de connaître les causes pour réagir.

mercredi 24 juin 2009

Reviens demain j’ai un tampon

Kwyxz nous présente un auteur français à la mode :

Guillaume Musso est actuellement le deuxième auteur le plus vendu en France (je vous laisse deviner qui est le premier) et ses livres, traduits dans une trentaine de langues, font tous ou presque l’objet d’adaptations cinématographiques. […] Et quand je lis les titres des bouquins:

  • Et après…
  • Sauve-moi
  • Seras-tu là ?
  • Parce que je t’aime
  • Je reviens te chercher
  • Que serais-je sans toi ?

J’ai surtout envie de me barrer en courant.

C’est déjà génial comme ça, ça fait vendre et tout, mais il manque du participatif opur rafler la première place à Marc Levy, alors toi aussi, propose ton titre de bouquin à Guillaume. Je me suis lancé avec trois propositions:

  • Je t’attendrai ;
  • Reviens nous vite ;
  • Il était temps.

mardi 26 mai 2009

Les arrêts maladies, c'est pas automatique

– T'es en arrêt maladie ?
– Oui.
– Tu travailles pas alors ?
– Si.
– Ah. T'es pas en arrêt alors.

Un peu plus et grâce à Frédéric Lefevre, se reposer en arrêt maladie, c'était plus automatique. Tout ça pour la défense du salarié, qui, je cite notre Étienne Lantier moderne peut vouloir sécuriser son emploi pendant son arrêt maladie. Elle est amusante cette explication. Ce droit du salarié, de l'aveu même de l'amuseur qui le présente, lui permettrait de résister à la pression que certains patrons mettent sur leur salarié en arrêt de maladie… quand on a des flèches dans l'hémicycle, tous les problèmes ressemblent à des cibles.

mercredi 15 avril 2009

Le lancement du CLITI

Plusieurs mois d'hibernation, une stratégie à la Naruto, et un projet de loi sur l'inceste reporté plus tard, me revoilà.

On a bien rit pendant mon absence. On s'imaginait à la mi-avril, prendre un best-of bittorrent au mac-do du coin, se goinfrant clandestinement de bande-passante. On s'imaginait refuser un recommandé pour échapper à Judge Dredd. On s'imaginait encore, ne plus avoir accès à son réseau professionnel, simplement parce que la femme de ménage avait récupéré un épisode du manège enchanté pour assouvir sa passion pour Zébulon... On avait tout faux, comme Elisabeth Tessier quand elle prévoit que les cancers 3e décan iront en chimio, on s'était trompé de 15 jours.

Comme, malgré la belle bataille gagnée, nous perdrons la guerre de l'HADOPI, autant enfoncer le clou en proposant à nos parlementaires de continuer sur leur lancée :

  • La vente de tissus et de laine permet de fabriquer des contrefaçons. Le syndicat du textile, qui rencontre de grandes difficultés, indique que la fabrication de réplique de leur modèle est la principale cause de leur difficulté. Il est temps qu'une haute autorité se penche sur les achats de laine et de tissus et que l'on prive les gros consommateurs de machine à coudre et d'aiguilles à tricoter.
  • Certaines personnes utiliseraient leur jardin pour produire un trop gros nombre de fruits et légumes, ce qui constitue une concurrence malhonnête pour les maraichers. En association avec tous les gamm vert de France, luttons contre les pirates de carottes !

Ceci était un message du CLITI, le comité pour une législation inepte et totalement inadaptée.

lundi 5 janvier 2009

Rallumez tous les solex

Notre Président l'a déclaré, les incendiaires de voiture n'auront pas le droit de passer le permis de conduire. Dans la foulée, on s'attend à ce que ceux qui jettent des cocktails Molotov n'aient plus le droit de faire le plein, que ceux qui bloquent les lycées ne passent pas le bac et que ceux qui tiennent des raisonnement primaires n'aient plus le droit d'être militant UMP.

La Politique avance, bienvenus en 2009.

mardi 2 décembre 2008

Le jour du saigneur

(ouais, c'est beau comme un titre de Libé)

Un peu en retard pour cause de pas envie, je reviens sur les déclaration de votre ministre du travail, un matin sur France Inter, à propos du travail du dimanche. Je passe sur les témoignages rapportés par ce cher Xavier sur les employés qui veulent travailler le dimanche, un truc à vous tirer une larme, même qu'après on en vient à croire que tous ces gens préfèreraient venir gagner honnêtement leur euros supplémentaires le dimanche que d'obtenir une augmentation de salaire.

Je passe donc, car le plus ébahissant dans le discours de votre ministre c'est la justification de l'intérêt du travail le dimanche : c'est que c'est le seul jour où les familles peuvent aller ensemble faire des achats. Sisi, c'est de lui, je me permettrais pas de sortir des conneries pareilles tout seul voyons, j'ai trop de respect pour vous.

Ainsi donc, afin que quelques familles puissent faire leurs achat le dimanche, permettons à d'autres de ne plus être ensemble ce jour. Un tel sacrifice pour le bien de la communauté, c'est pas une poignée d'euros que ça mérite, mais une légion d'honneur ! Encore que, être élevé au rang de Céline Dion pour avoir œuvré pour le bien de la communauté, c'est vraiment mal payé.

Admettons que des pans entiers de la population soit prêt à se dévouer pour le bonheur collectif. Je pense que l'ensemble des cons heureux consommateurs qui ont la nécessité de combattre la crise du dimanche a déjà eu envie d'appeler une administration ou de récupérer un chronopost ce même jour. Et comme je ne peux imaginer que les travailleurs du service public soient de moins bons citoyens que les autres, je suppose qu'eux aussi aimeraient risquer la canonisation pour service rendu à la nation. Allons-y donc gaiment Xavier, demandons à la fonction publique de participer au bonheur national le dimanche ! Xavier ? XAVIER ? Pourquoi t'es parti ?

jeudi 16 octobre 2008

Pour qui sont ses serpents qui sifflent sur notre hymne ?

Mardi, alors que la crise nous offrait ses dernières heures de répits et que notre président s'ennuyait ferme sans cause à rejoindre, quelques patriotes présents au stade de France montrait leur mécontentement devant la mauvaise interprétation de la marseillaise par la chanteuse Laam en sifflant sa prestation.

Malheureusement, la classe politique dans son ensemble se trompant dans l'’interprétation des sifflets, on se retrouva à prévoir une réunion d'urgence à l’Élysée pour empêcher de siffler la marseillaise, quelque soit l’interprète, sans aucune dérogation, même si l’on invite Florent Pagny à venir mugir dans nos campagne avant un match. Un peu plus tard, les recommandations tombaient pour éviter de revivre une pareille mésaventure :

  • Tout match où notre hymne national sera sifflé sera immédiatement arrêté. Comme l’hymne a lieu avant le début du match, c’est assez ben pensé : il est toujours plus pratique d’arrêter quelque chose qui n’a pas démarré. Ensuite, j’imagine que les dizaines de milliers de spectateurs qui ont fait le déplacement pour entendre Cindy Sander se faire huer évacueront les lieux dans le calme, sans la moindre agressivité.
  • Les membres du gouvernement quitteront immédiatement l'enceinte sportive où notre hymne national a été sifflé. Bah oui, faut pas nous prendre pour des cons : si le match est arrêté, ils ne vont pas rester dans un stade vide à attendre que Cindy ait terminé sa crise de larme pour se retaper une marseillaise malmenée.
  • Tous les matchs amicaux [avec les pays dont les supporters ont sifflé l’hymne] seront suspendus pendant un délai qui restera à fixer par le président de la fédération. Une grande idée, qui fait que l’image de notre pays sortira grandi auprès de tous les supporters qui n’avaient pas sifflé.

En résumé, un ensemble de décisions prises de sang froid, avec une réflexion poussées et sans aucune démagogie. Encore une victoire du bon sens.

vendredi 19 septembre 2008

Qualification minimale

Monsieur Darcos, vous vous interrogez sur la nécessité d’un bac+5 pour faire faire des siestes à des enfants de maternelles, comme je suis quelqu’un de serviable, voilà quelques éléments qui vous permettront d’en juger :

  • Pour répondre précisément à la question : non, un bac+5 n’est pas nécessaire pour faire dormir un enfant de maternelle. C’est d’ailleurs pour cela que dan la quasi-totalité des écoles, cette tâches est déléguée à un Agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem), qui dispose de leur propre concours de recrutement, qui nécessite un CAP. D’ailleurs, si vous vous demander si c'est à un bac+5 de nettoyer les bêtises ou les incidents pipi de nos chères têtes blondes, la réponse sera la même.
  • Si le but de votre question de mettre en cause l’intérêt d’un bac + 5 pour s'occuper des enfants de maternelles, la réponse serait toute différente. C’est que voyez vous, je sais que ça peut surprendre, mais entre deux siestes, un enfants apprend pas mal de chose à la maternelle. Alors certes, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir un bac + 5 pour cet apprentissage, mais quand on voit qu’il faut un doctorat en lettre moderne pour proposer de donner des médailles aux nouveaux bacheliers, on doit pouvoir accepter ce nivèlement par le haut.
  • Enfin puisque votre principale inquiétude semble être le gâchis de compétences qui a lieu pendant la sieste, je tiens à vous rassurer : la plupart du temps, les professeurs des écoles profitent des siestes pour aider leurs collègues qui ont des élèves qui ne font pas de sieste.

Pour conclure monsieur le ministre, je souhaite malgré tout vous soutenir dans votre démarche. Tenter d’installer dans la tête des français l’idée que l’enseignement en maternelle est inutile, par des arguments aussi médiocres, est dans la droite lignée de votre dernier succès, qui était de convaincre les mêmes français que les enseignants ne s’intéressaient plus aux fondamentaux. Il était temps qu’un ministre ait le courage de désinformer l’opinion.

vendredi 1 août 2008

Porteurs de cocardes

Hier, un groupe de députés présentait son alternative à la future plaque d’immatriculation nationale. Alternative dont le seul avantage est de continuer à indiquer le numéro de département. Après une réflexion que l’on devine intense, leur proposition est la suivante : on reprend le format proposé (celui sans le précieux numéro de département) et on rajoute les deux chiffres du département. Avoir un attachement pour son département tel qu’on souhaite l’imposer aux autres, ça part peut-être d’un bon sentiment, mais ça me gonfle sincèrement. Si j’ai l’occasion de pouvoir faire baisser les réserves de pétroles sans un 54 coller à mon cul, je le ferai le sourire aux lèvres messieurs les porteurs de cocardes.

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher%% Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Georges Brassens, la ballades des gens qui sont nés quelque part.

mercredi 16 juillet 2008

La maitrîse des dépenses

Roselyne Bachelot nous ressort la proposition d’augmentation des médecins. Mais attention ! On ne lui fait pas à Roselyne : elle a précisé qu’Il ne faut pas que les dépenses dérapent (…) Pour l’instant j’estime que nous pourrons passer à 23 euros si nous trouvons par ailleurs des moyens d’économies. De toute façon, cette augmentation devra être gagée par des engagements formels en matière de maîtrise médicalisée.

Donc, cette augmentation ne se fera que si on arrive à faire des économies ailleurs. C’est que, vous comprenez, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi : on pourra augmenter les médecins uniquement si on trouve un moyen d'être aussi déficitaire qu’avant. Ensuite, l'augmentation sera conditionné par des engagements formels en matière de maîtrise médicalisée. Je sais que les médecins tremblent déjà à l’idée que cette augmentation soit supprimée si ces engagements ne se traduisent pas dans les chiffres. Je ne voudrais pas leur mettre la pression, mais comme on parle de ce genre d’engagement à chaque augmentation tarifaires, la marge de manœuvre doit se réduire non ? À moins que… Petite question aux plus anciens : ça se passait comment de votre temps ? Vous entriez dans le cabinet et on vous avais déjà rédigé une ordonnance format A3 et signé un arrêt maladie de deux semaines, c'est ça ? Non ? Ok, donc on se fout de notre gueule. Au moins, les choses sont claires.

(au passage, en octobre 2006, la consultation était encore de 20 euros)

jeudi 3 juillet 2008

Libres

  • José Miguel Arteaga
  • Juan Carlos Bermeo
  • Ingrid Betancourt
  • Julio Buitrago
  • Armando Castellanos
  • John Jairo Durán
  • Armando Flores
  • Marc Gonsalves
  • Thomas Howes
  • Raimundo Malagón
  • José Ricardo Marulanda
  • William Pérez
  • Vianey Rodríguez
  • Erasmo Romero
  • Keith Stansell

Ils sont quinze à avoir retrouvé la liberté hier. Et chacune de ces libérations est d’égale importance.

mercredi 18 juin 2008

Problème de communication

Quand la popularité du chef de l’état était au plus bas et qu'on lui parlait de réformes impopulaires, Nicolas Sarkozy expliquait qu'il avait fait une erreur de communication. Hier, Raymond Domenech nous as expliqué que les résultats ridicules de l'équipe de France-Adidas-Orange était dus à une erreur de communication.

On attend d'une heure à l'autre que Jérôme Kierviel nous explique que les pertes de la Société Générale, s'était une erreur de communication.

lundi 19 mai 2008

Mauvais français

Dans le sillage du retour aux fondamentaux de Xavier Darcos, la pravda le figaro, nous livre un bien bel article de fond qui nous explique comment d’horribles textos sont apparus dans les copies de notre baccalauréat. On y trouve une citation de Danielle Manesse, professeur de sciences du langage à la Sorbonne nouvelle , qui nous donne une raison limpide : Les élèves savent qu'ils utilisent un code, un langage secondaire. La baisse du niveau en orthographe serait plutôt le résultat du peu de temps consacré à l'étude de la langue à l'école.

Pour respecter l’orthographe d’un langue, il faut l’aimer. Je ne sais pas pour vous Danielle, mais pour moi, l’amour n’est pas une question de temps. Cela a certainement à voir avec la séduction, le désir, l’envie, mais pas avec le temps. Confortez donc notre cher ministre pour faire de notre langue un Arnolphe de l’enseignement, nous connaissons déjà la fin.

lundi 5 mai 2008

Les portes ouvertes de monsieur Darcos

Xavier Darcos a voulu recentrer l’école primaire sur les fondamentaux. Espérant faire croire que jusqu’ici, on avait plutôt souhaiter voir les élèves se concentrer sur la pâte à sel et la maitrise du téléphone portable. Cela marche bien dans l’opinion, comme le prouve par exemple la réaction de Daniel Glazman :

[Xavier Darcos]a entièrement raison. Et il serait temps que les employés de l'Education Nationale arrêtent un peu de nous bassiner les oreilles et réalisent de temps en temps qu'ils sont des serviteurs de l'Etat et non les décideurs de l'Etat. Je souhaite qu'on enseigne l'alphabet dès la classe 1 de petite section de maternelle ; je n'ai pas dit la lecture, j'ai bien dit l'alphabet.

Il est vrai que quand on lit la pétition de l'UNSA, on peut comprendre la réaction de Daniel : ils donnent l’impression de rejeter les fondamentaux. Il aurait été plus intelligent de leur part de montrer que le projet Darcos n’est pas novateur concernant la volonté des acquis. Peut-on réellement penser que ses prédécesseurs n'aient pas pensé qu'une bonne maitrise de la langue et du calcul mental était indispensable ?

Reprenons les programmes proposés un an plus tôt (pour le premier cycle et pour le second cycle, puisque c'est eux qui concentrent l’apprentissage des fondamentaux) par gilles de Robien, l'ancien ministre :

Dès quatre ans, quelquefois avant, la plupart des enfants sont attentifs aux écrits qui les entourent. […] L’école maternelle doit les aider dans cette appropriation progressive des formes écrites du langage et du principe alphabétique qui structure l’écriture du français.

Miracle, c’était déjà là. Un peu plus loin, Daniel souhaite qu'on enseigne des rudiments d'anglais dès 5 ans, pendant que le programme De Robien indiquait l’apprentissage d’une langue est commencé dès la dernière année d’école maternelle.

Continuons. Daniel dit qu'on avance vers une lecture absolument acquise à l'entrée en CP pour tous les enfants. Qu'on enseigne des rudiments d'anglais dès 5 ans. Que toutes les tables de multiplication de 1 à 10 soient connues à 6 ans. Que le calcul mental soit une priorité majeure. Les programmes du second cycles (de la dernière année de maternelle au CE2) s'ils ne fournissent pas un échéancier si précis, proposent tout de même : entre 5 et 6 heures de mathématiques par semaines, avec 15 minutes quotidiennes minimum de calcul mental et entre 9 et 11 heures de maitrise de la langue par semaine. Est-ce trop peu ? Peut-être, mais cela montre déjà une certaine préoccupation pour les fondamentaux.

La grande réussite de Darcos, aidé par un syndicat qui n'a pas su trouver le bon discours, est d’avoir réussi à faire passer une réforme de la forme (la façon d’enseigner) comme une réforme de fond (ce qui doit être enseigné). Je ne saurais dire qui a raison des syndicats ou du ministre sur la façon d’enseigner. Je ne supporte simplement pas d’utiliser l’argument fallacieux du retour aux fondamentaux et le faux procès qui l’accompagne.

mercredi 16 avril 2008

32000 inutiles

Authueil trolle sur les manifestations étudiantes, terminant son analyse par un chiffre avancé par la cour des comptes en 2005 : 32000 enseignants n'exercent pas d’activités pédagogiques. La conclusion hâtive suit : on peut supprimer des postes, ça n’influera pas sur la qualité.

J’adorerais y croire. Seulement voilà, n’ayant jamais brulé un cierge à la gloire de saint Pernault, patron des poujadistes, j’ai appris à me documenter quand un chiffre me paraissait exubérant. La sortie de ces chiffres a été sujette à une énorme polémique. On peut notamment trouver en ligne la réaction de la FSU, qui commente notamment les chiffres postes par postes. Certes, entre la FSU et la cour des comptes, la palme de la partialité est largement destinée à la première mais certains arguments sont parfaitement recevables :

Présenter comme sans activité pédagogique les conseillers pédagogiques (3350 ETP), les enseignants à temps plein ou partagé en IUFM ou dans le supérieur (universités ou IUT) ne peut relever d’une approche sérieuse.

[…]

Tout en soulignant « qu’on peut rencontrer, dans d’autres organisations, des taux de décharge syndicale plus élevés » et que celles-ci ne sauraient être contestées, le rapport ne les intègre pas moins dans les 32 000 équivalents temps plein « hors enseignement » dont la commission des finances demande au « Gouvernement de préciser clairement la justification ».

Par ailleurs, le président de la cour des comptes, Philippe Seguin, y était également allé de son allocution (daté injustement sur le site du mois de novembre 2004 alors qu’elle a été tenue en mars 2005) pour relativiser l’utilisation des chiffres de ce rapport :

[…] les extraits choisis, isolés de leur contexte, ne donnaient une impression largement erronée des constatations opérées par la Cour et n’entraînaient par ailleurs des interprétations infondées du propos de celle-ci.

[…]

La conclusion même du rapport de la Cour en est la preuve :

Je cite sa dernière phrase :

" S’il est (...) possible de répondre à la question « qui, combien et pourquoi des enseignants des premier et deuxième degrés ne se trouvent pas devant des élèves pour y exercer le métier pour lequel ils ont été recrutés ? » (...) il est difficile de porter un jugement entier sur le caractère justifié ou non de cette situation. "

Mais si, mais si, il est facile de porter un jugement hâtif sur la situation, ne vous inquiétez pas. Authueil serait-il prêt à parier que le nombre d’enseignant exerçants une activité pédagogique sera stable à la rentrée prochaine ? Moi pas. En attendant, scandons qu’il faut faire du qualitatif et non du quantitatif, sans préciser ce qu'on propose pour améliorer la qualité, la mode est aux slogans vides de sens.

mardi 15 avril 2008

Pas de monde meilleur

Le comité national olympique l’a décidé, les Français n’auront pas le droit de porter un badge dont le texte « pour un monde meilleur », avait pourtant fait sourire par son innocence et sa mièvrerie. Ce n’est pas assez mièvre visiblement, le seul article de la charte Olympique pouvant l’interdire étant le suivant : {{Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique.}} Prenons cela point par point.

Racial ? Certes non, le message n’est pas « pour un monde meilleur éradiquons les chtis ». Sinon, non seulement le CIO n’aurait pas été d’accord, mais les joueurs du racing club de Lens auraient également été reçu par notre président.

Religieux ? Certes non, le message n’est pas « pour un monde meilleur éradiquons les juifs ». Sinon on aurait pu malgré tout accepter le badge en hommage aux jeux de 1936.

Il s’agit donc de propagande politique. Un message subversif susceptible de choquer ceux qui ne veulent pas d’un monde meilleur, ceux qui préfèrent un monde de merde, où l’on a pas le droit de porter un badge insignifiant dans un stade à la con.

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